Guide fiscal

Fiscalité de la location courte durée au Maroc en 2026

Publié le 6 juillet 2026 · 7 min de lecture

Louer un bien en courte durée au Maroc génère des revenus imposables, comme toute activité locative. La fiscalité applicable a été remaniée en profondeur par la loi de finances 2025, avec de nouveaux ajustements en 2026. Voici un tour d'horizon clair, pour comprendre vos obligations sans vous perdre dans le jargon administratif.

Vos revenus locatifs sont soumis à l'impôt sur le revenu

Que vous soyez résident au Maroc ou MRE, les loyers perçus — y compris ceux issus de la location saisonnière via Airbnb, Booking.com ou toute autre plateforme — constituent des revenus fonciers soumis à l'impôt sur le revenu (IR). Le calcul se fait en deux temps : on part du montant brut des loyers perçus, duquel on retire certaines charges légalement déductibles (charges de copropriété, taxe de services communaux, rémunération d'un gardien...). Un abattement forfaitaire de 40 % s'applique ensuite sur ce montant : c'est donc seulement 60 % du revenu qui reste réellement imposable, au barème progressif de l'IR.

Concrètement, si vos loyers bruts annuels restent en dessous d'environ 66 700 DH, votre revenu net imposable (après abattement) reste sous le seuil d'exonération de 40 000 DH — vous ne payez alors aucun impôt sur ces revenus, mais vous devez tout de même déposer votre déclaration chaque année.

Le taux libératoire de 20 % : une fausse bonne idée dans la plupart des cas

Depuis 2025, une option de taux libératoire de 20 % existe pour les propriétaires dont les loyers annuels atteignent au moins 120 000 DH, généralement dans un contexte de location à des sociétés ou des professionnels avec retenue à la source. Cette option dispense de déclaration annuelle du revenu global, ce qui peut sembler pratique. Mais attention : ce taux de 20 % s'applique sur le loyer brut, sans l'abattement de 40 % — ce qui revient en réalité à environ 33 % d'imposition sur le revenu net. Dans la grande majorité des cas, le régime standard (barème progressif + abattement de 40 %) reste plus avantageux, sauf si vos autres revenus vous placent déjà dans les tranches les plus hautes de l'IR.

Les taxes locales à ne pas oublier

Au-delà de l'impôt sur le revenu, deux taxes locales annuelles s'appliquent à tout bien immobilier bâti :

Le cas spécifique des MRE

Sur le plan fiscal marocain, un Marocain résidant à l'étranger est traité comme n'importe quel propriétaire bailleur : les mêmes règles d'IR, les mêmes taxes locales s'appliquent à ses revenus locatifs de source marocaine. L'abattement de 75 % sur la taxe d'habitation reste réservé à la résidence principale personnelle du MRE au Maroc (ou occupée gratuitement par sa famille) — il ne s'applique pas à un bien exploité commercialement en location saisonnière.

Pour un MRE résidant en France, la convention fiscale franco-marocaine évite la double imposition : les revenus de source marocaine doivent être déclarés en France (formulaire 2047, puis 2042), mais un mécanisme de crédit d'impôt neutralise la charge fiscale française correspondante. Un expert-comptable connaissant la fiscalité franco-marocaine peut représenter un coût annuel de quelques centaines d'euros, largement rentabilisé par la tranquillité d'esprit et la sécurité juridique qu'il apporte.

Ce qui change à partir de juillet 2026

La loi de finances 2026 étend la retenue à la source de 5 % aux loyers versés à des sociétés (IS) ou à des personnes physiques relevant de l'IR professionnel, à compter du 1er juillet 2026. Cette mesure concerne surtout les baux avec des locataires professionnels ou des sociétés — elle a peu d'impact direct pour la majorité des propriétaires qui louent en courte durée à des voyageurs particuliers via des plateformes.

Rester en conformité, sans s'y perdre

La déclaration des revenus fonciers de l'année écoulée doit être déposée et payée avant le 1er mars de l'année suivante, via le portail SIMPL sur tax.gov.ma. Une bonne tenue des comptes tout au long de l'année — loyers perçus, charges déductibles, taxes payées — facilite grandement cette échéance. C'est précisément l'un des rôles d'une conciergerie sérieuse : vous fournir un relevé de gestion clair et détaillé, que vous (ou votre comptable) pourrez utiliser directement pour vos obligations fiscales.

Cet article a un objectif informatif général et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. La réglementation évolue régulièrement : pour votre situation précise, rapprochez-vous d'un expert-comptable ou de la Direction Générale des Impôts (DGI).

PariciKénitra vous fournit un relevé de gestion détaillé à chaque versement, pour simplifier votre suivi fiscal.

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